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La criminalité augmente dans des proportions d’autant plus inquiétantes, qu’une
délinquance nouvelle est née, qui s’appuie, sur le progrès technique et fait échec à
une police archaïque dont les méthodes et le matériel n’ont guère évolués depuis
Vidocq.
Un chiffre est plus éloquent que tout : au cours de l’année 1906, cent trois mille
affaires ont été classées sans que les auteurs aient pu être identifiés.
1907 s’annonce pire encore, il y va de la sécurité des villes et des campagnes.
Ainsi donc, pour répondre à cette insécurité toujours plus croissante, le directeur
de la Sûreté, Célestin Hennion, créé en étroite collaboration avec le Président du
Conseil et ministre de l’intérieur, Georges Clemenceau, Les Brigades régionales
de police mobile.
Ce corps de police spéciale est le premier au monde à mettre en pratique contre le
crime, toutes les ressources de la science moderne. Ainsi, outre leur bonne
condition physique, les « hommes du Tigre », bénéficient des dernières méthodes
d’investigations techniques et de la modernisation du fichage des criminels, issues
des travaux d’Alphonse Bertillon.
Rapidement, de nombreux résultats, et non des moindres, seront à mettre à leur
actif : l’arrêt définitif de la folie meurtrière de la bande de Pollet qui sévira dans
les campagnes entre 1905 et 1908.
Puis ce sera le démantèlement de la tristement célèbre bande à Bonnot, en 1912.
Au cours de ces années, la police paiera un lourd tribut. En effet, alors que la
Bande à Bonnot vivait ses derniers instants, l’intrépide sous-chef de la Sûreté,
monsieur Jouin – qui avait fait sienne toute l’affaire « des bandits en auto »,
tombait sous les balles du Browning du sinistre et insaisissable Bonnot.
Malgré tout, les statistiques policières tendaient enfin à quitter la zone rouge et
dangereuse vers laquelle elles avaient pris la fâcheuse habitude de pencher –
provisoirement, il faut malheureusement en convenir – et que les futurs
évènements n’allaient pas tarder à confirmer.